L'esprit des liqueurs
Par Patrick DUSSERT le samedi 13 octobre 2007, 18:28 - Lien permanent
Les liqueurs à base d’esprits, c’est-à-dire d’extraits d’essences et d’arômes de fruits, plantes ou autres graines et racines, sont pour les meilleures mélangées à de grands alcools. A leur tête, la liqueur de la famille Cointreau. Elaborée à partir d’une macération d’écorces d’oranges douces et amères dans de l’alcool, d’une chauffe qui permet de catalyser les vapeurs aromatiques, redistillée rigoureusement en séparant la tête et les queues de la coulée, le Cointreau est l’une des liqueurs les plus subtiles qui soient, dont la finesse et la complexité d’arômes séduisent régulièrement les femmes (c’est une référence), comme les hommes. A noter qu’il faut le goûter aussi bien sec que sur des glaçons. Si la silhouette de la bouteille de Cointreau fait saliver les amateurs de nectar de plus de 150 pays, ce qui favorise aisément les rentrées de devises étrangères pour l’Etat comme les autres marques de liqueurs qui bénéficient de cet engouement, une autre petite a réussi son impact visuel.
Vous l’avez deviné, je veux parler du Grand-Marnier. Comme le Cointreau, le Grand-Marnier est issu d’une macération d’écorces d’oranges dans de l’alcool, distillé, et cet alcoolat d’oranges est ensuite mélangé à du Cognac. Le Grand-Marnier reste en tout cas une des grandes liqueurs françaises mondialement connues. A tel point que les trois quarts de la production sont exportés, dont une bonne partie aux USA. Toujours les devises… La notoriété du Grand-Marnier est d’ailleurs telle qu’on a assorti cette adorable liqueur à tout un tas de produits, du meilleur au pire, des esquimaux aux crêpes suzette. Un Grand-Marnier se suffit pourtant à lui-même et se boit très bien sec.
Chaque marque de liqueur possède en effet sa propre forme de bouteille, et voilà une bonne occasion de vous lancer dans une nouvelle collection. Sous mes yeux, défilaient donc les rondelettes (Monin’s, Bénédictine, Grand-Marnier, Freezomint de Cusenier), les carrées (Cointreau, une fraise des bois, Loghan Ora), ou les plus élancées (Chartreuse, Mandarine Impériale, Izarra, Marie Brizard). Sur une trentaine de liqueurs dégustées, je continue par celles qui m’ont le plus séduit. La gamme de la maison Cusenier, par exemple. Du Mandarin (liqueur d’orange) au Freezomint (liqueur de menthe), qui rafraîchit le palais, en passant par l’Ambassadeur ou le Curaçao, issu d’écorces d’oranges, fin et fort à la fois. On raconte que cette dernière liqueur, qui doit son nom à une petite île du Venezuela, doit son origine à la colonisation de cet archipel des Antilles néerlandaises par les Hollandais (XVIe siècle), qui en rapportèrent de petites oranges amères. Le Curaçao est fabriqué de même manière que la plupart des autres liqueurs : séchage des écorces, puis infusion dans l’alcool, de douze à trente-six heures. Le mélange est ensuite distillé pour donner un alcoolat d’orange, qui est édulcoré et quelquefois coloré. Souvent mal connue, imitée dans le monde entier, la liqueur de Curaçao mérite une dégustation qui vous fera découvrir son élégance et la chaleur de ses arômes.
A mieux découvrir aussi, une liqueur basque, l’Izarra, élaborée à base de plantes et de macération de fruits dans de l’Armagnac. Proposée en liqueur verte (48°, quarante-huit plantes), ou jaune (40°, trente-deux plantes), elle vaut aussi une bonne note de dégustation.









